Journaliste « embbeded »: Liberté vs. Sécurité

Le système des journalistes « embedded », c’est-à-dire intégré dans une unité de l’armée, a été réellement mis en place par les Américains pendant la guerre en Irak. Le journaliste est entièrement pris en charge par les militaires. Le principal avantage, c’est la sécurité. Vous ne suivez les militaires que dans les zones sécurisées. L’inconvénient ? Là où ils ne vont pas, vous n’allez pas non plus.

Nicolas Bertrand, journaliste de France Télévisions a travaillé comme journaliste « embedded », écoutez son témoignage.

 

C’est une collaboration controversée. La valeur des informations qu’un journaliste obtient aux côtés de l’armée et encadrée par cette dernière peut être sujette à caution. Lors de la guerre au Mali, l’armée française affirme avoir accueilli environ 370 journalistes dans ses unités. Toutefois, ils sont nombreux à avoir témoigné de la communication extrêmement fermée des officiers, ainsi que de leur confinement dans différentes villes du pays, Bamako ou Gao. “Reporters sans frontières” a dû demander, en janvier 2013, le libre accès des journalistes aux zones de démarcation.

La relation entre armée et journalistes peut donc être très délicate. D’un pays à l’autre, la vision diffère. Mais surtout, armée et journalistes ne visent pas le même objectif sur le terrain. Si l’une pense sécurité avant tout, l’autre pense histoire et témoignage et va les chercher là où ils se trouvent.

Matthieu Bock a lui aussi collaboré avec l’armée. Son reportage l’a entraîné un peu plus loin que prévu initialement.

La volonté d’informer doit par conséquent parfois faire face à des contraintes de sécurité, justifiées ou non. Beaucoup estiment qu’il est nécessaire de soutenir ce travail en collaboration avec les militaires, mais pour des résultats concluants, il nécessite une compréhension du mode de fonctionnement de chaque partie.

C’est loin d’être simple, vu que chacun a sa propre « logique de l’information ». L’un cherchant à la contrôler, l’autre à la diffuser au plus grand nombre possible.

Elise Feron